Dans le cadre de la lutte syndicale relative à l’application du décret 2850 portant statut particulier des enseignants, un bras de fer est désormais entre le gouvernement et le syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET). Après la menace du ministre de l’éducation nationale et de la promotion civique Dr Aboubakar Assidick Tchoroma, le leader du SIET est interpelé, arrêté et placé sous mandat de dépôt par le procureur de la République ce jeudi 08 janvier 2026.
Le leader du SIET est désormais poursuivi pour quatre chefs d’accusations : usurpation de titre, trouble à l’ordre public, incitation à la révolte et rébellion. Il comparaitra dans les prochains jours au cours d’une audience de flagrant délit. Pourtant, il a appelé à une grève de deux semaines pour exiger l’application du décret 2850 portant statut particulier des enseignants signé le 06 novembre 2025.
Selon des sources au SIET, Djimoudel Faustin est arrêté suite aux menaces du ministre de l’éducation nationale et de la promotion civique, mettant en garde le leader du SIET et indique que le SIET ne dispose aucune base juridique légale. En réponse à cette sortie, le SIET a brandi le récépissé de dépôt légal n° 0009/RT/MATD/DGGCN’DJ/SG/2024, du 06 août 2024.
Déjà, à la veille de la grève du 05 janvier, le leader du SIET avait alerté sur sa page Facebook : « J’informe les camarades enseignantes et enseignants, l’opinion nationale et internationale que je suis désormais en danger pour avoir revendiqué, réclamé l’amélioration des conditions de vie et de travail. Je suis en danger ! » Selon lui, « pour avoir appelé les camarades enseignantes et enseignants de notre syndicat SIET à observer la grève de deux semaines à compter du 05 janvier 2026, le MENPC a publié un communiqué pour menacer ma personne, pour me mettre en garde. »
Cette arrestation vient confirmer de plus que toutes les voix discordantes ne sont plus tolérées au Tchad. Seuls les appels à soutenir le régime sont autorisés. Pour l’application de ce décret cause d’immolation de Djimoudel Faustin, le syndicat des enseignants du Tchad (SET) avertit le gouvernement si jusqu’à la fin du mois de janvier rien n’est fait, il appellera ses militants à la désobéissance.
Comme le dit un adage, « quand la maison de ton voisin brûle, hâte-toi de l’aider à éteindre le feu de peur que celui-ci ne s’attaque à la tienne ».