Tchad/Enseignement supérieur : la suspension du président de l’Université de N’Djamena suscite de vifs débats
La décision du ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Sitack Yombatina, de suspendre le président de l’Université de N’Djamena continue d’alimenter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux.
Entre soutiens à la décision ministérielle, critiques de la gouvernance universitaire et appels au respect des institutions, le débat met en lumière les enjeux liés à la discipline administrative, à l’autorité de la tutelle et à la gestion des établissements d’enseignement supérieur.
Dans une publication, l’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET) a salué la décision du ministre de l’Enseignement supérieur portant suspension du président de l’Université de N’Djamena. L’organisation estudiantine met en avant le respect des textes réglementaires, de la discipline administrative et du principe de responsabilité dans la gestion des institutions universitaires.
« L’UNET plaide pour une gouvernance universitaire fondée sur la rigueur, la transparence et la responsabilité. Elle souligne l’importance du dialogue et du respect des règles dans le fonctionnement des établissements d’enseignement supérieur. » L’UNET réaffirme par ailleurs son engagement en faveur de la défense des intérêts des étudiants et appelle à la promotion d’un enseignement supérieur de qualité au Tchad.
L’avocat Me Alain Kagonbé est également intervenu dans le débat. Selon lui, le statut de l’Université ne soustrait ni l’institution ni ses dirigeants à l’autorité du ministre de tutelle. « Je demande aux muezzins des réseaux sociaux, qui se font passer pour des juristes de circonstance, de cesser d’insulter l’intelligence du droit administratif. Jouir d’une personnalité morale et financière, certes fonctionnelle, ne soustrait nullement l’Université ou ses dirigeants au pouvoir de tutelle, ni au respect de la subordination hiérarchique vis-à-vis du ministre de tutelle et des règles de l’administration publique. »
Il ajoute que les responsables de l’institution demeurent soumis au contrôle de l’autorité ministérielle, ainsi qu’aux principes de discipline et de retenue inhérents à la fonction publique. « Les fonctions sont passagères, mais les institutions demeurent. Il faut donc faire preuve de retenue afin de préserver la dignité de l’administration tchadienne. »
Des crit
D’autres voix ont toutefois exprimé des réserves. Souleyman Haggar, a commenté la correspondance attribuée au président de l’Université adressée à son ministre de tutelle. « J’ai pris connaissance un peu tard de la correspondance du président de l’Université à son ministre de tutelle. À première vue, on peut croire que c’est le ministre qui écrit au président de l’Université. On peut être un excellent professeur de mathématiques, mais un piètre rédacteur. Cette correspondance risque de lui faire beaucoup de tort, car les écrits résistent au temps. »
Me Béchir pour sa part défend le président suspendu et critique la décision ministérielle. Il estime que le professeur Mahamat Saleh Daoussa aurait mérité le fauteuil ministériel, tout en reprochant au ministre d’avoir suspendu un enseignant présenté comme ayant modernisé le système d’enseignement au sein de l’Université de N’Djamena.
Un débat au-delà de la suspension
Au-delà de cette décision, la situation relance le débat sur la gouvernance universitaire, le respect des procédures administratives et la place du dialogue dans la résolution des différends au sein des institutions académiques.
Elle rappelle également l’importance de privilégier la rigueur, la transparence et l’intérêt supérieur de l’Université de N’Djamena, afin que cette institution continue d’accomplir sa mission de formation, de recherche et de rayonnement au service de la nation tchadienne.