octobre 27, 2026
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Face à une hypertension qui touche plus d’un Tchadien sur trois et à un diabète qui explose après 55 ans, le Ministère de la Santé Publique, en partenariat avec Sanofi et l’OMS, veut accélérer la riposte.

Mais un programme créé depuis le 23 octobre 2025 reste toujours non opérationnel. C’est le cri d’alarme lancé ce 26 octobre à N’Djamena par Dr Habiba Abdoulaye Affadine.

Les maladies non transmissibles ne tuent pas dans le bruit, mais dans le silence. C’est le constat glaçant dressé par Madame Habiba Abdoulaye Affadine lors de la rencontre sur le diabète et les maladies cardio-rénales.

Chiffres à l’appui, la situation est préoccupante. Selon les données officielles présentées, l’hypertension artérielle (HTA) atteint 33,1% chez les hommes et 34,2% chez les femmes. Le diabète de type 2, qui représente à lui seul 90% des cas, culmine à 12,9% chez les plus de 55 ans.

 L’insuffisance rénale concerne déjà 10% des patients hospitalisés en milieu urbain. Et le pire est à venir : à ce rythme, le Tchad comptera 1,2 million de personnes vivant avec le diabète à l’horizon 2050. Près de la moitié des décès chez les diabétiques sont déjà dus à des complications cardiaques et rénales.

Or, déplore l’oratrice, la prise en charge reste confrontée à un triple goulot d’étranglement : la rareté des médecins spécialistes, l’accès difficile aux soins et le coût insupportable pour les ménages.

Pourtant, l’État n’est pas resté inactif. Après le Plan multisectoriel 2017-2021, un pas décisif a été franchi avec la création, par arrêté du 23 octobre 2025, d’un programme national dédié au diabète et aux maladies cardio-vasculaires.

 Malgré sa création juridique, ce programme n’a jamais vu le jour faute de nominations formelles et de moyens opérationnels. S’adressant solennellement à la Secrétaire Générale du Ministère de la Santé présente dans la salle, Dr Habiba Affadine a sollicité son appui pour « finaliser les désignations nécessaires et rendre le dispositif pleinement fonctionnel ».

La stratégie proposée repose sur une conviction forte : on ne peut plus traiter le diabète sans le cœur et sans le rein. Une triple menace exige une réponse intégrée. Trois axes sont ainsi prioritaires : la prévention active pour éviter la maladie, l’innovation par le numérique pour un suivi de proximité, et l’autonomisation des patients par l’éducation thérapeutique.

Le projet du jour, soutenu par Sanofi Global Health Unit, Santé en Entreprise (SEE) et Kouma Academy, s’inscrit dans cette vision. Il vise à améliorer le dépistage et à réduire la mortalité évitable.

Au-delà des chiffres et des arrêtés, le message est un appel à l’unité. Comme l’a conclu l’oratrice, on n’infléchira pas la courbe de la mortalité en ordre dispersé. Il faudra unifier le message de prévention et mutualiser les efforts. Car face à un filet qui se resserre silencieusement sur 1,2 million de Tchadiens, chaque mois perdu sans programme opérationnel est une vie de trop qui s’en va.

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