Au Tchad, l’affaire dite du « monnayage des audiences » secoue le landerneau politique depuis quelques jours. Au cœur de la polémique, le député Takilal Ndolassem Hilaire affirme que des collaborateurs du chef de l’État lui auraient réclamé la somme de 5 millions de francs CFA pour faciliter un rendez-vous avec le président de la République, après 17 demandes restées sans réponse. Face à ces allégations, le Cabinet civil de la Présidence est promptement intervenu quatre jours plutard pour rejeter catégoriquement ces propos, assurant que la demande de l’élu avait déjà été approuvée avant sa sortie publique. Dans la foulée, le sénateur Abderaman Koulamallah a saisi le procureur pour réclamer une enquête préliminaire. Ce qui ressemble fort à un scenario mal écrit.
Derrière ce clash politico-institutionnel se dessine un jeu d’acteurs aux intérêts bien distincts. Divertir l’opinion publique sur les vrais sujets d’actualité tels que la cherté de vie, l’insécurité, le chômage des jeunes, l’absence d’électricité…
Le député Takilal Ndolassem en divulguant ces accusations sur les réseaux sociaux, le parlementaire cherche à s’imposer en lanceur d’alerte et défenseur de la probité publique. Face à ce qu’il perçoit comme un blocage bureaucratique ou un système de « filtres » payants, l’action sur la place publique vise à court-circuiter les canaux habituels, à mobiliser sa base populaire et à mettre le pouvoir sous pression direct.
Le Cabinet civil de la Présidence est dans sa mission de préservation de la légitimité institutionnelle veut à tout prix sauver son image pourtant plusieurs opinions confirme ffirment la déclaration de Takilal. En apportant un démenti formel et en révélant que la demande du député avait déjà été validée avant ses déclarations, la Présidence entend discréditer la démarche du député en la présentant comme une gesticulation inutile et diffamatoire, tout en se réservant le droit de poursuivre l’élu en justice.
Le sénateur Abderaman Koulamallah ex rebelle amnestié se proclame défenseur de la présidence en jouant le rôle de porte et juge de la présidence. Bref, une judiciarisation pour couper court à la rumeur. demandant publiquement au procureur d’ouvrir une enquête préliminaire, le sénateur adopte la posture du garant de la légalité et de la crédibilité des institutions. Cette démarche a le double effet de sortir le débat des réseaux sociaux pour le placer sur le terrain judiciaire et de contraindre l’auteur des accusations à fournir des preuves tangibles de ses affirmations. Mais là question que l’on se pose, pourquoi Koulamallah s’agite dans cette affaire ? A-t-il peur que le député de autoproclamé député de la rue soulève la natte sur ses urines ?
Cette confrontation illustre les tensions récurrentes autour de l’accès à la présidence depuis le temps de Deby père à nos jours. Si l’ouverture d’une procédure judiciaire se confirme, elle devra trancher entre la dénonciation légitime de pratiques occultes et le délit de diffamation visant à déstabiliser .
Entre temps, le peuple continue à souffrir.

