Dans les campagnes, lors des travaux champêtres, la consommation d’alcool traditionnel expose les enfants à des intoxications graves. Les professionnels de santé alertent sur la prévention et les actions rapides pour freiner ce phénomène.
Attirés par le goût et ignorants des risques, des tout‑petits ingèrent des quantités mortelles d’« argui », une boisson souvent très alcoolisée.
Les symptômes vont des vomissements à l’hypoglycémie, l’hypothermie, le coma éthylique et le risque de fausse route.
Pendant cette période, les structures de santé rurales peinent à prendre en charge ces urgences, d’autant que les enfants arrivent souvent en retard à l’hôpital, ce qui rend chaque minute cruciale.
Selon des constats effectués sur le terrain et des témoignages de professionnels comme le Dr Alladoukam Néloumra, de nombreux incidents surviennent pendant les périodes de travaux champêtres, lorsque les adultes consomment l’alcool traditionnel et laissent les récipients à portée des enfants.
La forte teneur en alcool de certaines préparations et l’ignorance des dangers expliquent la gravité des cas observés.
En milieu rural, le manque de ressources et la difficulté d’accès aux soins aggravent le pronostic des enfants intoxiqués.
Plutôt qu’une interdiction irréaliste, des mesures pratiques peuvent réduire les risques. Dr Alladoukam Neloumra propose aux parents de fermer et surélever les récipients contenant de l’alcool pour empêcher ces derniers à prendre ces alcools. Pour toucher les familles, il faut mener des campagnes de sensibilisation (spots radio en langues locales, affiches, réunions communautaires), former les agents de santé à la prise en charge initiale des intoxications et établir des conventions communautaires pour le stockage sécurisé des boissons pendant les périodes d’activité collective.
Les ONG et les autorités locales peuvent soutenir ces actions par des programmes d’information et un renforcement des postes de santé, conseille-t-il. Pour lui, les leaders locaux et la société civile doivent être impliqué dans les campagnes tout en précisant que, informer et équiper les familles doit devenir une priorité de santé publique pour éviter que la saison des travaux ne fasse de nouvelles victimes.

