Le 27 juillet 2026, le Gouvernement du Tchad a officiellement notifié son retrait du Statut de Rome, instituant la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision souveraine constitue, selon le Réseau des ADH du Tchad (RADHT), un acte de dignité et de courage politique. Elle intervient après le constat que cette juridiction internationale, porteuse d’espoir à sa création, est progressivement devenue un instrument perçu comme étant utilisé de manière sélective au service d’intérêts géopolitiques.
Le RADHT salue cette décision historique des autorités tchadiennes. Selon l’organisation, le peuple tchadien, à l’instar des autres peuples africains, mérite une justice internationale impartiale, non sélective et respectueuse de l’égalité entre les États. Le réseau rappelle que, depuis la création de la CPI, une grande partie des enquêtes et des personnes poursuivies concernent des pays africains, alimentant les critiques sur une justice à deux vitesses.
L’organisation exhorte toutefois les autorités tchadiennes à faire de ce retrait une opportunité pour renforcer le système judiciaire national, en lui accordant les moyens humains, matériels et financiers nécessaires afin qu’il puisse juger efficacement les crimes les plus graves, conformément aux standards internationaux et dans le respect des droits de l’homme.
Le RADHT appelle également les États africains à œuvrer ensemble à la mise en place d’une justice continentale crédible et souveraine. Il recommande à l’Union africaine de promouvoir une Cour africaine de justice indépendante, dotée d’une compétence pénale élargie et affranchie de toute influence extérieure.
Enfin, le Réseau rappelle qu’il est la première organisation tchadienne de défense des droits de l’homme à avoir collaboré avec la CPI depuis 2003. Fort de cette expérience, il souligne qu’à ce jour, aucune procédure n’est engagée contre le Tchad ou une personnalité tchadienne devant cette juridiction. Selon le RADHT, la décision du Gouvernement repose donc sur une évaluation du fonctionnement global de la CPI et non sur une affaire concernant le Tchad.
« L’Afrique doit désormais compter sur ses propres forces judiciaires. La justice africaine pour les Africains, par les Africains. »
Le communiqué est signé du Secrétaire général DJIDDA OUMAR MAHAMAT

