Tahir Hamid Nguilin, ministre d’État chargé des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale depuis 2022, cristallise les critiques au Tchad.
Présenté comme le responsable qui « bloque tout », il est accusé de centraliser les décisions financières et de retenir les décaissements, y compris ceux ordonnés par la Présidence.
Cette position résulte en partie des contraintes liées à la Facilité élargie de crédit (FEC) signée avec le FMI : toute dépense non prévue par la loi de finances risque de compromettre le programme et d’exposer le pays au spectre du défaut de paiement.
Sur le terrain, les retards pèsent lourdement. De nombreuses PME, notamment dans le BTP, subissent des délais de paiement de six à dix‑huit mois, les poussant parfois à licencier ou à fermer.
Le ministère justifie ces blocages par une mise à niveau administrative, digitalisation des procédures avec la Facture électronique normalisée (FEN) et la plateforme e‑Tax mais, la transition rejette près de six dossiers sur dix pour non‑conformité, allongeant encore les délais et alimentant le mécontentement des fournisseurs.
Politiquement, Nguilin apparaît pris en étau entre trois impératifs contradictoires : l’urgence politique de la Présidence qui réclame des décaissements rapides, l’exigence de rigueur du FMI qui impose des cadres stricts, et la pression sociale d’une population affectée par la hausse du coût de la vie, des salaires en retard et une fiscalité ressentie comme pesante.
En cumulant cinq portefeuilles stratégiques, il concentre un pouvoir jugé utile par certains pour négocier avec les bailleurs, mais dangereux pour d’autres, qui y voient une concentration excessive et un frein à l’action gouvernementale.
Reste au Ministre de se justifier au point d’éclairer ceux qui accusent à tort ou à raison. L’avenir nous dira plus.
