Dans un État sérieux, la communication officielle ne peut être ni multiple, ni improvisée, ni personnalisée. Elle doit être unique, structurée et strictement institutionnelle. Lorsque le Président de la République, le Premier ministre et le gouvernement communiquent chacun de leur côté, l’État se fragilise et la crédibilité nationale s’effondre.
Il est inadmissible que des sujets aussi sensibles que les relations internationales soient traités directement par la Présidence et diffusés sur la page Facebook du Président. Cette diplomatie de réseaux sociaux, souvent incontrôlée et parfois irréfléchie, expose dangereusement le pays à des crises diplomatiques inutiles, graves et potentiellement irréversibles.
La Présidence de la République n’a pas vocation à faire de la communication quotidienne. Son rôle est d’incarner l’État, non de commenter l’actualité. La communication gouvernementale relève exclusivement du porte-parole du gouvernement, et toute prise de position sur les questions internationales doit être assumée uniquement par le ministère des Affaires étrangères.
Les faits sont là : la quasi-totalité des communications publiées sur la page Facebook du Président provoquent frustration, incompréhension et polémique, sans jamais contribuer à la résolution des tensions ou des conflits. Il est d’ailleurs difficile de citer une seule communication présidentielle sur les réseaux sociaux qui n’ait pas été vivement critiquée.
Gouverner, ce n’est pas tweeter. Diriger un État, ce n’est pas réagir à chaud. La discipline communicationnelle est une exigence de souveraineté, pas une option.