À N’Djamena, comme dans plusieurs villes du Tchad, la circulation des véhicules aux vitres fumées ou teintées demeure un phénomène persistant.
Malgré les interdictions répétées relative à leur usage, ces véhicules continuent de proliférer, alimentant un climat de défiance vis-à-vis de l’autorité publique.
En principe, seules certaines catégories d’usagers, strictement définies par la réglementation, sont autorisées à circuler avec des vitres fumées.
Pourtant, sur le terrain, de nombreux véhicules échappent à ce cadre légal. Leurs occupants, souvent dépourvus de toute habilitation, utiliseraient ces dispositifs à des fins illicites, notamment pour des activités telles que la contrebande, le transport d’armes, les enlèvements, les braquages, ou encore la dissimulation de stupéfiants.
À cette problématique s’ajoute celle des véhicules munis de fausses plaques administratives, un stratagème permettant à certains usagers de se soustraire aux contrôles routiers et de contourner les dispositifs de sécurité. Face à cette situation préoccupante, les autorités ont décidé de durcir le ton.
Dans une volonté affirmée de restaurer l’autorité de l’État et de garantir la sécurité publique, une commission mixte interministérielle chargée du contrôle des véhicules a été instituée par l’arrêté n°0907 en 2024.
Placée sous la présidence du Contrôleur général de la police de 3e grade, Tougoud Digo Maïdé, cette structure se veut à la fois dynamique et pérenne. « Notre commission a une durée de cinq ans renouvelable. Il s’agit d’un dispositif durable. Enregistrez-vous dans la base de données : personne ne pourra échapper aux contrôles », a-t-il déclaré.
La mission de cette commission est claire : lutter contre les pratiques frauduleuses liées à la circulation routière, notamment l’usage de fausses plaques et de documents administratifs irréguliers.
À ce titre, les contrôles portent à la fois sur la conformité des pièces obligatoires — dédouanement, carte grise, assurance, permis de conduire — et sur les caractéristiques physiques des véhicules, en particulier les vitres fumées et les plaques d’immatriculation.
Depuis fin mars 2026, des opérations conjointes d’envergure sont menées dans la capitale par le Groupement de la sécurité routière, la police, la gendarmerie et la GNNT.
Les premiers résultats sont jugés significatifs. Selon le président de la commission, plus de 300 véhicules ont été contrôlés lors de chacune des trois premières missions.Actuellement concentrés sur les grandes artères de la capitale, ces contrôles devraient progressivement s’étendre à l’ensemble du territoire national.
Par ailleurs, après une période de sensibilisation et de grâce accordée aux usagers, les autorités annoncent désormais une politique de tolérance zéro. « Respectez la loi, c’est tout », martèle le président de la commission, insistant sur la nécessité pour chaque citoyen de faire preuve de responsabilité et de civisme.
Enfin, les plus de 5 000 demandes d’autorisation de vitres fumées déjà enregistrées feront l’objet d’un examen rigoureux, incluant des enquêtes de moralité pour chaque requérant, afin de garantir une attribution conforme aux exigences légales
MRTV



