octobre 4, 2026

Logone Occidental : Le canton Bah coupé des populations de Moundou et du marché de Lolo

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La montée des eaux plonge les populations du canton Bah dans une situation préoccupante. Le pont situé entre Mar4 et Mar2 est devenu inaccessible en cette période de crue, isolant de nombreuses familles et compromettant leurs activités agricoles. Face à cette situation, les habitants lancent un appel urgent aux autorités et aux organisations humanitaires.

Cette voie constitue un axe essentiel pour les populations locales. Elle leur permet de rejoindre Moundou et de se rendre chaque mardi au marché hebdomadaire de Lolo pour s’approvisionner en denrées alimentaires et répondre à leurs besoins quotidiens. Mais depuis la montée des eaux, la traversée est devenue extrêmement difficile, voire impossible pour certains habitants.

Au-delà des difficultés de déplacement, les conséquences de la crue se font également sentir dans les champs. Selon les informations recueillies, l’avancée des eaux empêche de nombreux cultivateurs de poursuivre normalement leurs travaux champêtres. Certaines parcelles sont inondées et des cultures pourrissent sur place, compromettant les récoltes de centaines de familles qui dépendent essentiellement de l’agriculture pour leur subsistance.

Cette situation fait craindre une aggravation de l’insécurité alimentaire dans la zone, alors que les populations sont déjà confrontées aux conséquences des inondations.

Pour franchir les eaux, les habitants n’ont d’autre choix que de recourir à des pirogues de fortune, au péril de leur vie. Des femmes portant leurs enfants au dos, des voyageurs transportant des bassines et des marchandises tentent de traverser dans des conditions particulièrement risquées. Des motos sont également embarquées sur de petites pirogues conduites par les débrouillards occasionnels.

À ces risques s’ajoute le coût du transport. La traversée est facturée à 500 FCFA par personne, 1 000 FCFA pour une personne accompagnée de bagages et 1 500 FCFA pour une moto.

Ces tarifs représentent une charge importante pour des ménages ruraux déjà fragilisés par les inondations et la perte de leurs récoltes. Les personnes qui n’ont pas les moyens de payer ces frais sont contraintes de rester bloquées, accentuant davantage l’isolement de la population.

Face à cette situation alarmante, les populations du canton Bah lancent un cri d’alarme au Gouvernement tchadien, aux ONG humanitaires et aux autorités provinciales du Logone occidental. Elles sollicitent une intervention urgente pour rétablir la circulation, faciliter l’accès aux denrées alimentaires et venir en aide aux familles touchées.

Elles réclament notamment la réhabilitation du pont entre Mar4 et Mar2 ainsi que la construction d’un ouvrage durable, capable de résister aux crues saisonnières.

En attendant une réponse concrète, le canton Bah reste confronté à un risque accru d’isolement, de précarité alimentaire et d’accidents lors des traversées. Jusqu’à quand les populations devront-elles risquer leur vie pour rejoindre Moundou ou accéder au marché de Lolo ? L’urgence est désormais à l’action pour éviter qu’une situation déjà dramatique ne se transforme en tragédie humaine.

Correspondance Mbaihornom Ozias.

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