octobre 30, 2026

LITTÉRATURE

Littérature : L’écrivaiIsaac Tédambé, auteur de « République à vendre », a rangé sa plume 

L'écrivain tchadien Isaac Tédambé est décédé dans la nuit du 28 au 29 octobre 2026 à N'Djaména, des suites d'une longue maladie. Il avait 72 ans. Avec sa disparition, le Tchad perd l'une des figures majeures de sa vie intellectuelle et littéraire, une plume libre dont les écrits ont porté un regard critique, lucide et sans concession sur les réalités politiques, sociales et identitaires du continent africain.  Portrait Né le 3 mars 1954 au Nigeria de parents tchadiens originaires de Ganli (Lac-Léré), Isaac Tédambé a grandi entre le Nigeria et le Nord Cameroun avant de poursuivre ses études universitaires à Brazzaville, où il obtient un DESP II en économie en 1991.  Expert-comptable et consultant installé à N'Djaména depuis les années 90, il a mené de front une carrière professionnelle et une vocation littéraire. Pour ceux qui l'ont côtoyé, il était l'intellectuel discret mais tranchant, qui disait : « Le mal du Tchad, c'est le favoritisme et le népotisme ».  Auteur prolifique, Isaac Tédambé laisse une œuvre qui restera : "République à vendre" (L'Harmattan, 2003). Son roman le plus célèbre. À travers la République imaginaire du Bec-de-Canard, il dresse le portrait d'un pays qui ressemble à s'y méprendre à tant d'autres : bâtiments publics délabrés, prisons pleines, dictature, abus d'autorité, détournement de fonds publics. Un roman subversif devenu un classique de la critique politique africaine.  "Le Trou du Margouillat"; "La Femme aux pieds en sabot"; "L'enfer des autres, c'est notre enfer" (2025) son dernier essai. Dans chacun de ses livres, la même obsession : dénoncer quand le pouvoir devient propriété privée et que l'intérêt individuel prime sur le bien commun. Isaac Tédambé n'écrivait pas pour plaire, il écrivait pour réveiller. Sa plume était une boussole morale pour une jeunesse tchadienne en quête de repères.