À chaque fête de l’indépendance d’un pays africain, les défilés militaires et les armes occupent le devant de la scène. Le Tchad lui aussi n’a pas dérobé la règle. A chaque 11 août à N’Djamena et dans les provinces le décor reste le même. Mais à quand les instruments de guerre vont faire place aux symboles de paix, de justice et cohésion sociale ?

Le 11 août, le Tchad célèbre son indépendance. Les drapeaux flottent, les tambours résonnent, les uniformes défilent. Mais au milieu des chars et des fusils, une question reste en suspens : que célèbrent vraiment les Tchadiens ? La force de l’État ou la force de la paix ? Difficile de comprendre cette habitude. Après 66 ans l’on devrait changer la célébration coloniale ?
Pour certains citoyens, cette célébration devrait symboliser l’unité et la cohésion sociale. Un serviteur de Dieu au lieu que l’Etat privilégier les outils de guerre, il devrait plutôt privilégier les symboles de paix, de justice et de cohésion sociale. Depuis plus de six décennies, les fêtes d’indépendance au Tchad, comme dans beaucoup de pays africains, sont marquées par une démonstration de puissance militaire. L’objectif affiché est clair : montrer la souveraineté nationale, la capacité de défense et la stabilité de l’État. Mais est ce là l’urgence de l’ere ?

La vraie force que les gouvernements doivent montrer à travers cette fête, c’est démontrer qu’après 66 ans d’indépendance il y a une stabilité sécuritaire, économique, sociale et une bonne gouvernance. Si ces choses ne sont pas faites, c’est une honte de brader les équipements militaires qui sont d’ailleurs utilisés contre les citoyens. Dans un pays marqué par des conflits, des tensions communautaires et des cycles de violence, ce choix symbolique pose problème à la quiétude sociale.
Quand les armes dominent la scène, elles envoient un message ambiguë: celui où la paix semble dépendre davantage de la force que de la réconciliation, de la justice et du dialogue. Or, la vraie force d’une nation ne se mesure pas au nombre de ses chars, mais à la solidité de sa cohésion sociale. Un pays uni, où les différentes communautés se respectent, où la justice est rendue, où les jeunes ont de l’espoir, est un pays bien plus « fort » qu’un État qui ne mise que sur ses armes.
« Pourquoi, à l’occasion de nos fêtes d’indépendance, sort-on les outils de guerre au lieu d’objets qui parlent de paix et de cohésion sociale ? » decrie un predicateur. Cette question n’est pas seulement religieuse ; elle est profondément citoyenne. Elle invite à repenser les symboles nationaux pour qu’ils correspondent aux besoins réels du peuple : paix, travail, justice, unité.
Imaginons à un défilé où l’on mettrait en avant : des livres et des écoles, des outils agricoles, des instruments de musique traditionnelle, des symboles de réconciliation entre communautés, des branches d’olivier, des mains jointes. Ces images parleraient plus fort que des fusils : elles diraient que le vrai projet national, c’est la vie, pas la guerre.

Célébrer l’indépendance, ce n’est pas seulement de se souvenir d’un passé lointain ; c’est choisir quel avenir on veut construire. Si le Tchad veut vraiment avancer, il temps que, le 11 août, ce soient les symboles de paix, de justice et de cohésion qui défilent en premier, et non les outils de guerre. Car une nation forte n’est pas celle qui a le plus d’armes, mais celle qui sait vivre ensemble dans la paix.
La Rédaction

