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Financé par la Banque Mondiale, le projet PRPSS s’achève avec des résultats records : couverture sanitaire à 57% et 86% d’accouchements assistés dans 12 provinces. Le défi : pérenniser les acquis dès 2027.
Le Projet de Renforcement du Système de Santé (PRPSS) avec mécanisme de Financement Basé sur la Performance (PBF), soutenu par la Banque Mondiale depuis 2021, affiche des résultats exceptionnels au Tchad. Selon le ministre de la Santé Publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, la couverture en consultation prénatale a progressé de 41% à 57%, tandis que le taux d’accouchement assisté par du personnel qualifié a bondi de 66% à 86% dans les zones couvertes, passant de 8 à 12 provinces sur les 23 que compte le pays.
Ces indicateurs, présentés comme « modèles » lors de l’atelier de capitalisation à N’Djamena, contribuent directement à la réduction significative de la mortalité maternelle, conformément au Chantier 10 du Président de la République visant à moderniser le système de santé. « Pour nous, ce sont les indicateurs qui sauvent des vies. C’est un projet qui contribue à la réduction significative de la mortalité maternelle », a martelé le ministre devant les Délégués Provinciaux, Médecins-Chefs de District et sages-femmes.
La révolution du PBF repose sur un changement managérial fondamental : l’argent est versé en fonction des services réellement rendus et de leur qualité, plutôt que zone de contrôle. Cette approche a transformé les formations sanitaires, qui ont appris à gérer leurs ressources, à planifier et à innover. Certains centres ont utilisé leurs recettes pour recruter du personnel local, acheter des médicaments et réhabiliter des structures, créant un cercle vertueux de redevabilité et de durabilité.
Le projet a également bénéficié de l’appui technique de JSI, spécialisée dans la réduction de la mortalité maternelle et néonatale. L’atelier de capitalisation tombe à un moment charnière : le projet s’achève fin 2026, ce qui pose l’urgence de documenter les acquis pour les répliquer dans les 11 autres provinces du pays. L’ambition affichée est de bâtir un système de santé plus fort, performant, résilient, tourné vers l’avenir, fondé sur les données, l’innovation et la transformation numérique.
Mais la question cruciale qui reste en suspens est celle de la pérennité : l’État tchadien aurait-il les moyens de reprendre à 100% le financement du PBF dès janvier 2027 ? Sans budget conséquent, le risque est un retour en arrière sur les indicateurs spectaculaires obtenus. Cette inquiétude est répondue par le Ministre de la santé sous contrôle du ministère des Finances, à veiller à pérenniser ces acquis.
Le ministre a remercié « très honnêtement » la Banque Mondiale pour son « appui multiple et multiforme », ainsi que tous les agents de santé, garants de l’application de la politique. Le vrai test commence maintenant : consolider et étendre ces résultats sans la perfusion de la Banque Mondiale. Le Tchad a prouvé qu’il pouvait faire baisser la mortalité maternelle avec la bonne méthode ; il doit maintenant prouver qu’il peut le faire avec son propre argent.
Rendez-vous en 2027 pour le bilan.
