Logone_occidental : à Souga, un diplômé transforme le chômage en opportunité grâce à la couture
Face aux difficultés d’insertion professionnelle et à l’attente parfois interminable d’une intégration dans la fonction publique, Djigmbaye Ndodingam Jérémy, titulaire d’une licence, a choisi de prendre son destin en main. À Souga, dans le canton de Bah, il exerce désormais la couture aux côtés de son collaborateur, Doudjimbaye Sabin. Une initiative qui met en lumière le potentiel de l’auto-emploi face au chômage des jeunes.
À Souga, dans la province du Logone occidental, Djigmbaye Ndodingam Jérémy a décidé de ne pas laisser son diplôme prendre la poussière en attendant une éventuelle intégration dans la fonction publique. Titulaire d’une licence, ce jeune diplômé a choisi une voie différente : créer sa propre activité pour subvenir à ses besoins.
Dans son atelier à ciel ouvert, la machine à coudre est devenue son principal outil de travail. Aux côtés de son collaborateur, Doudjimbaye Sabin, il s’investit quotidiennement dans la couture, transformant ainsi son savoir-faire en une source de revenus.
Entre fils, ciseaux et rubans à mesurer, les deux jeunes démontrent que le diplôme ne constitue pas une garantie d’emploi, mais qu’il ne doit pas non plus être un obstacle à l’initiative personnelle. Pour eux, l’essentiel est de travailler dignement, plutôt que de rester dans l’attente d’une opportunité qui tarde à se concrétiser.
Alors que de nombreux jeunes diplômés continuent d’espérer une intégration dans la fonction publique, Djigmbaye Ndodingam Jérémy et Doudjimbaye Sabin ont fait le choix de l’action. Leur parcours illustre la capacité de la jeunesse à entreprendre, même avec des moyens limités, et à contribuer à l’économie locale.
L’auto-emploi, une piste face au chômage
Leur initiative constitue un exemple susceptible d’inspirer d’autres jeunes du Logone occidental. Elle rappelle que l’entrepreneuriat, l’apprentissage d’un métier et la valorisation des compétences peuvent ouvrir des perspectives professionnelles, y compris dans le secteur informel.
Toutefois, pour développer davantage leur activité et répondre à une demande potentiellement croissante, les deux jeunes sollicitent un appui matériel. Ils souhaitent renforcer les capacités de leur atelier afin d’améliorer leurs conditions de travail et d’élargir leurs possibilités de production.
À Souga, leur parcours pose une question essentielle : plutôt que de laisser les jeunes diplômés sans perspectives, comment les accompagner pour transformer leurs compétences en emplois durables ?
Leur ambition est claire : travailler, gagner leur vie dignement et faire grandir leur activité. Un appel qui mérite l’attention des autorités, des organisations d’accompagnement à l’entrepreneuriat et des partenaires susceptibles de soutenir les initiatives locales.
À Souga, Djigmbaye Ndodingam Jérémy et Doudjimbaye Sabin montrent qu’en dépit des difficultés, l’initiative personnelle peut ouvrir une voie là où l’attente semble sans issue.
Correspondance, Mbaihornom Ozias