Dans le village de Goro, situé dans la sous-préfecture de Goro 1, département de Bragoto, province du Moyen-Chari, un drame d’une rare cruauté secoue l’opinion publique. Un enfant âgé d’environ trois ans, souffrant d’une malformation génétique depuis sa naissance, a perdu la vie après avoir été brûlé lors d’une prétendue séance de « délivrance » menée par un guérisseur traditionnel. Les auteurs présumés ont été interpellés ce vendredi 22 mai 2026 et remis à la gendarmerie.
Selon les informations recueillies auprès des habitants, l’enfant souffrait depuis sa naissance d’une malformation génétique. Face à l’échec des traitements médicaux, le père s’est tourné vers un guérisseur traditionnel, présenté dans la zone comme un spécialiste de la « délivrance ».
D’après des témoignages concordants, le charlatan aurait affirmé pouvoir débarrasser définitivement la famille de ce qu’il considérait comme un « mauvais esprit ». Le rituel consistait, selon lui, à « métamorphoser » l’enfant en serpent afin qu’il quitte la famille et qu’aucun autre enfant présentant la même condition ne naisse à l’avenir.
La séance a malheureusement basculé dans l’horreur lorsque le praticien a immolé le garçonnet. Face aux enquêteurs, le guérisseur a tenté de justifier son acte en affirmant froidement que l’enfant « l’avait farouchement attaqué », ce qui l’aurait poussé à l’immoler.
Le drame a été mis au jour le mercredi 20 mai par une mission de contrôle de sécurité de la province du Moyen-Chari.
Initialement déployée dans la zone pour apaiser un conflit entre éleveurs et agriculteurs au village de Manda 2, la patrouille a été alertée par de jeunes bouviers ayant aperçu un corps abandonné dans la brousse. Sur les lieux, les forces de l’ordre ont fait la macabre découverte du cadavre entièrement calciné de l’enfant.
Les autorités compétentes ont immédiatement été saisies afin de définir les démarches juridiques à suivre avant l’inhumation de la jeune victime.
Une enquête a aussitôt été ouverte sur place pour identifier tous les responsables de cet acte. Après de rapides investigations, la mission de sécurité a annoncé, ce vendredi, l’interpellation des présumés auteurs impliqués dans cette affaire, dont le père de la victime et le guérisseur traditionnel. Ces derniers ont été conduits dans les locaux de la gendarmerie pour les besoins de la procédure judiciaire.
Cette tragédie relance le débat sur la persistance de certaines pratiques traditionnelles criminelles, ainsi que sur la protection des enfants vivant avec des malformations ou des handicaps, encore trop souvent victimes de stigmatisation au sein de plusieurs communautés
Journal le Pays
