La Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel ( HAMA) a à travers une cérémonie de présentation des vœux échanger avec les responsables des associations faîtières et les patrons de presse sur les défis de la profession du journalisme, le samedi 30 janvier 2026.
De la présentation des vœux, la cérémonie a marqué aussi une séance d’échanges consacrée aux défis et perspectives du secteur des médias Tchadiens., cette rencontre est allée bien au-delà du simple rituel des vœux. « Nous devons marquer un arrêt pour évaluer ce que nous avons accompli en 2025, identifier nos lacunes et trouver les meilleures voies pour avancer ensemble, restaurer l’autorité journalistique et rendre à la presse sa dignité », a déclaré, la présidente de la HAMA Halimé Assadya Ali appelant à une réflexion collective et responsable des professionnels des médias.
Halimé Assadya Ali a fait un diagnostic sans concession du paysage médiatique tchadien, dénonçant un climat de désordre marqué par le non-respect des textes réglementaires, du code d’éthique et de déontologie journalistique. Elle a fustigé l’instrumentalisation de certains médias, ainsi que la prolifération de comptes privés se présentant abusivement comme des organes de presse, notamment sur les réseaux sociaux. Selon elle, sur près de 197 médias recensés en 2025, moins de la moitié seraient réellement opérationnels et professionnels.
Face à ces dérives, Mme Halimé Assadya Ali a annoncé la mise en œuvre, dès 2026, d’un plan stratégique triennal (2026-2028). Celui-ci sera axé sur l’amélioration de la gouvernance de la HAMA, le renforcement de la formation des professionnels, l’application stricte des textes en vigueur et l’assainissement du paysage médiatique. Les programmes de formation intégreront désormais les nouveaux enjeux technologiques, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle, et couvriront l’ensemble de la chaîne de production médiatique.
Elle a, par ailleurs, salué le soutien du Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, ainsi que celui du Gouvernement, annonçant une augmentation de l’enveloppe de l’aide à la presse et le lancement du projet de construction de la Maison de la Presse du Tchad en 2026, un chantier structurant pour la profession.
La présidente de la HAMA a appelé à la restauration de la crédibilité et de la dignité du journalisme tchadien à travers la professionnalisation du secteur, la vulgarisation des textes réglementaires et la valorisation de la carte professionnelle comme condition d’exercice du métier, après un moratoire à définir avec les acteurs concernés.
« Le journalisme est un métier régi par des règles, une éthique et une responsabilité sociale », a-t-elle rappelé, invitant les professionnels à un engagement collectif pour faire de la presse tchadienne un véritable pilier de la démocratie.