A l’occasion de la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) célébrée tous les 6 février, le Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Sennen Hounton a fait une déclaration pour appeler les acteurs à un sursaut historique pour protéger l’avenir de millions de filles en Afrique de l’Ouest et du Centre.
Placée sous le thème, « Vers 2030 : pas de fin aux MGF sans engagement et investissement durables » des ressources et au passage à l’échelle, cette journée appelle les décideurs à plus des actions. C’est pourquoi Dr Senne Hou’ton souligne que « le prix de l’inaction est trop élevé. Nous devons investir maintenant pour mettre fin aux MGF ».
Dans une région qui concentre 17 des 27 pays africains les plus touchés par cette pratique, cette date ne relève pas d’un simple symbole. Elle constitue, selon l’UNFPA, un moment de vérité pour les droits humains, la santé publique et l’avenir de millions de filles.
Les leviers sont connus :
- l’éducation,
- l’engagement communautaire,
- la transformation des normes sociales,
- l’implication des prestataires de santé.
Pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’UNFPA identifie trois priorités stratégiques :
- Briser les silos : intégrer la prévention des MGF dans les politiques de santé, d’éducation et de développement économique ;
- Diversifier les financements : renforcer les ressources nationales, mobiliser le secteur privé et explorer des mécanismes innovants ;
- Investir dans l’innovation : utiliser les technologies pour atteindre les communautés les plus reculées.
Le Programme conjoint UNFPA–UNICEF, pilier de la lutte mondiale
Lancé en 2008, le Programme conjoint UNFPA–UNICEF pour l’élimination des MGF constitue la plus grande initiative mondiale dédiée à l’abandon de cette pratique. Présent dans 18 pays, dont 8 en Afrique de l’Ouest et du Centre, il agit sur les cadres juridiques, les normes sociales et l’accès aux services de protection.
Bilan à ce jour :
- 1 137 000 filles (0–14 ans) protégées contre les MGF
- Plus de 50 millions de personnes dans 21 700 communautés ayant déclaré publiquement l’abandon de la pratique
- Plus de 7 millions de femmes et de filles ayant bénéficié de services de santé, juridiques et sociaux essentiels
Un appel collectif pour un avenir sans MGF
Dans sa déclaration, le Dr Sennen Hounton lance un appel à l’action universel : femmes et hommes, filles et garçons, familles, leaders traditionnels et religieux, gouvernements, secteur privé et partenaires internationaux.
« Chaque déclaration publique, chaque changement de politique et chaque dollar investi nous rapprochent d’un monde où le corps des filles est respecté et où leur avenir est protégé. »
Le message est sans équivoque :
Les outils existent. Les preuves sont là.
Il ne manque désormais qu’une chose : la volonté collective d’investir durablement dans l’avenir que ces filles méritent.
Car l’éradication des mutilations génitales féminines n’est pas seulement un impératif moral.
C’est un devoir humain, sanitaire, social et économique pour l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le monde entier.