N’Djamena : 300 femmes sensibilisées au dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus
À l’occasion du mois d’Octobre Rose, le ministère de la Santé publique et de la Prévention lance un appel clair aux femmes tchadiennes : ne plus attendre d’avoir mal pour se faire examiner. Cette campagne, coordonnée avec le Programme national de lutte contre le cancer, vise à encourager le dépistage précoce du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus, deux maladies qui peuvent être évitées ou soignées si elles sont détectées à temps.
C’est à l’école #coranique_Noura, dans le quartier Amtoukoui au 7e arrondissement de N’Djamena, que le ministère de la Santé publique et de la Prévention a installé, ce mardi, l’une de ses unités mobiles de sensibilisation dans le cadre d’Octobre Rose. Sous la direction de Kaltouma Ramadan, spécialiste en santé de la reproduction et responsable de l’unité de dépistage et des lésions précancéreuses du col de l’utérus, plus de 300 femmes venues de presque tous les quartiers environnants ont écouté, questionné et appris les gestes qui sauvent.
L’objectif est de briser le silence et la peur qui entourent encore le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus, deux maladies qui tuent quand elles sont découvertes trop tard, mais qui se soignent très bien lorsqu’elles sont détectées tôt, explique Kaltouma. « Nous sommes ici dans une école, dans le cadre d’une campagne pour sensibiliser les femmes, a expliqué la responsable devant la foule. Si on sensibilise une femme, elle peut sensibiliser 10, 20 autres. Donc on peut facilement se retrouver avec de nombreuses femmes touchées. »
« Le cancer du sein, c’est une maladie dangereuse. Pourquoi ? Parce que ça tue si on ne fait rien, ça commence petit. Mais si la femme se fait dépister très tôt, très rapidement, on peut la traiter et lui sauver la vie », a insisté Kaltouma Ramadan. Le message le plus important, répété plusieurs fois, est qu’ «au début, il n’y a pas de signe ». C’est pour cela que toutes les femmes doivent venir se faire dépister avant d’avoir mal, avant de sentir une boule, avant d’avoir des saignements anormaux. « Celle qui est là, à la maison, veut voir les signes avant de venir. C’est trop tard. Il faut qu’elle vienne très tôt et très rapidement. »
Sur le terrain, les équipes apprennent aux femmes comment pratiquer l’auto-examen des seins à la maison, une fois par mois, après les règles, devant un miroir, en palpant tout le sein et sous l’aisselle pour détecter toute petite boule dure. Pour les tests de dépistage proprement dits, plusieurs structures sont identifiées à N’Djamena : l’Hôpital de l’Amitié Tchad-Chine, l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant et l’Hôpital le Bon Samaritain. « Au niveau de l’Hôpital de l’Amitié Tchad-Chine, je peux rassurer », a ajouté la responsable, tandis que d’autres équipes continuent de sillonner les quartiers jusqu’à la fin du mois d’octobre pour toucher le plus grand nombre.
Le même appel vaut pour le cancer du col de l’utérus, particulièrement meurtrier au Tchad. Les femmes qui ont autour de 40 ans, qui ont eu plusieurs accouchements, qui remarquent des pertes inhabituelles, des saignements en dehors des règles ou une sensation de « descente » sont invitées à consulter sans attendre. Un examen simple du col, réalisé par une sage-femme ou un médecin, permet d’écarter un cancer ou de traiter des lésions avant qu’elles ne deviennent graves.
« Je fais appel à toutes les femmes de venir nombreuses et se faire dépister très tôt », lance en chute Kaltouma Ramadan. À N’Djamena, les unités de dépistage sont ouvertes, les équipes sont sur le terrain et les portes des hôpitaux sont grandes ouvertes. Le message d’Octobre Rose est simple et vital : n’attendez pas les signes, venez vous faire dépister maintenant, car c’est avant la maladie que se gagne la vie.