Le débat sur le manque d’enseignants qualifiés au sein de l’Éducation nationale continue de susciter des interrogations, alors que de nombreux jeunes diplômés, pourtant formés et expérimentés, affirment rester en marge du système.
La secrétaire d’État à l’Éducation nationale a récemment plaidé et insisté sur la nécessité de recruter davantage d’enseignants qualifiés pour répondre aux besoins croissants des établissements auprès des bailleurs lors de la rencontre avec ces derniers le vendredi dernier. Une position qui, sur le terrain, suscite incompréhension et frustration chez plusieurs diplômés sans emploi, qui disent avoir déjà exercé pendant deux ans sous le ministère de l’Éducation nationale.
Selon ces jeunes, cette période d’exercice leur a permis d’acquérir une expérience concrète de l’enseignement. Ils affirment avoir remis un rapport détaillé à l’administration à l’issue de cette mission, sans qu’aucune suite satisfaisante n’ait été donnée à leur demande d’intégration.
Titulaire de diplômes jugés compatibles avec les exigences de l’enseignement, ces jeunes estiment pourtant disposer des compétences nécessaires pour servir dans l’école tchadienne. Faute de perspectives, beaucoup se retrouvent aujourd’hui relégués dans les établissements privés, souvent dans des conditions précaires et sans réelle reconnaissance institutionnelle.
Cette situation met en lumière un paradoxe difficile à défendre : d’un côté, l’État déplore un déficit d’enseignants qualifiés ; de l’autre, des diplômés déjà opérationnels peinent à trouver leur place dans le système public. Pour eux, il s’agit d’un gâchis de compétences à un moment où le pays fait face à de nombreux défis dans le secteur éducatif.
Au-delà de leur situation individuelle, c’est toute la question de la gestion des ressources humaines dans l’éducation qui se pose.
Comment parler de pénurie d’enseignants qualifiés lorsque des jeunes formés localement, parfois déjà expérimentés, restent sans emploi stable ni perspective claire d’intégration ?
Dans un contexte marqué par le chômage des jeunes et les besoins urgents du système éducatif, plusieurs voix estiment qu’une meilleure valorisation de ces diplômés constituerait une réponse à la fois pragmatique et efficace. Encore faudrait-il que les autorités traduisent les constats en décisions concrètes
