Au Tchad, de nombreux étudiants subissent des brimades de la part de certains enseignants : humiliations publiques, notes utilisées comme arme de représailles, cours réduits à des présences sans accompagnement pédagogique. Cette dérive transforme l’école en un lieu de peur plutôt qu’en un espace d’émancipation. Face à ces pratiques, la question n’est plus seulement pédagogique, elle est éthique : comment restaurer un enseignement qui forme, protège et élève les jeunes, au lieu de les briser ? L’enseignement ne devrait jamais être réduit à une simple présence devant des élèves ou des étudiants. Au Tchad, comme partout ailleurs, il s’agit d’une mission essentielle : transmettre le savoir, former la conscience et préparer l’avenir d’une nation. Être enseignant, ce n’est pas seulement terminer un programme ou distribuer des notes. C’est accompagner, expliquer, corriger et aider l’apprenant à progresser. Un bon enseignant ne cherche pas à impressionner par la peur, mais à faire grandir par la compréhension et l’exigence juste. La vraie question est donc simple : enseigne-t-on par vocation ou par suivisme ? Certains choisissent ce métier par amour du savoir et du service. D’autres y entrent par défaut, par manque d’alternative ou pour un salaire. Mais lorsqu’il n’y a plus d’engagement humain et pédagogique, l’enseignement perd son âme. Il est temps de rappeler qu’un enseignant transmet aussi par son comportement. La rigueur, la justice, le respect, la patience et l’exemplarité sont des leçons permanentes. À l’inverse, l’humiliation, l’injustice et la brutalité pédagogique peuvent déformer durablement le rapport du jeune au savoir. L’université tchadienne a besoin d’enseignants qui élèvent au lieu d’écraser, qui forment au lieu de décourager, qui exigent sans humilier. Le véritable mérite d’un enseignant ne se mesure pas au nombre d’échecs qu’il provoque, mais à la qualité des vies qu’il aide à construire. Vivement que la nouvelle année académique 2026-2027 en soit ainsi.