{"id":359,"date":"2025-10-06T14:51:50","date_gmt":"2025-10-06T13:51:50","guid":{"rendered":"https:\/\/tropicalinfos.com\/?p=359"},"modified":"2025-10-06T14:51:50","modified_gmt":"2025-10-06T13:51:50","slug":"chronique-la-musique-tchadienne-meurt-dans-le-silence-parce-quelle-na-jamais-ete-consideree-comme-un-veritable-levier-de-developpement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tropicalinfos.com\/?p=359","title":{"rendered":"Chronique : La musique tchadienne meurt dans le silence parce qu\u2019elle n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un v\u00e9ritable levier de d\u00e9veloppement"},"content":{"rendered":"\n<p>La musique tchadienne, autrefois vibrante et charg\u00e9e d\u2019\u00e2me, s\u2019\u00e9teint lentement dans un silence aussi pesant qu\u2019inqui\u00e9tant. Il s\u2019agit d\u2019une \u2018\u2019agonie culturelle\u2019\u2019, de l\u2019art livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame et surtout oubli\u00e9 par les pouvoirs publics, et d\u00e9laiss\u00e9 par un public qui se tourne vers l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Jadis, la musique tchadienne se passionnait comme un miroir du peuple tchadien : elle racontait ses luttes, ses espoirs, sa joie de vivre. Des pionniers comme le groupe Matania, les icones comme Talino Manu, Sultan ou encore les groupes traditionnels des r\u00e9gions du Logone, du Gu\u00e9ra ou du Mayo-Kebbi ont fa\u00e7onn\u00e9 des sonorit\u00e9s uniques, port\u00e9es par la fiert\u00e9 d\u2019une identit\u00e9 culturelle forte. Aujourd\u2019hui, cette richesse peine \u00e0 se faire entendre. La v\u00e9rit\u00e9 est simple : l\u2019environnement politique tchadien enterre la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la culture, en g\u00e9n\u00e9ral, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un v\u00e9ritable levier de d\u00e9veloppement que ce soit dans le cin\u00e9ma ou de la musique. Elle reste rel\u00e9gu\u00e9e au second plan, sans politique claire, sans strat\u00e9gie nationale de valorisation, et sans m\u00e9canismes durables de financement. Les rares projets soutenus le sont souvent pour des raisons d\u2019image ou d\u2019opportunisme politique, plut\u00f4t que par conviction artistique. R\u00e9sultat : les artistes s\u2019autocensurent, les cr\u00e9ations perdent de leur profondeur, et l\u2019art devient ti\u00e8de, priv\u00e9 de souffle et d\u2019audace. Mais tout ne vient pas que de la chose politique. Le show-buzz tchadien souffre d\u2019un mal interne : l\u2019amateurisme g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Les managers, pour la plupart autodidactes, manquent de formation et de vision. Ils sont tellement affam\u00e9s qu\u2019ils ne pensent qu\u2019\u00e0 s\u2019enrichir gr\u00e2ce aux \u0153uvres de l\u2019esprit des artistes. Pareille pour les studios de production qui ne respectent pas toujours les standards professionnels. On enregistre un son, on le publie sur Facebook, on obtient quelques likes\u2026 et c\u2019est tout. Aucun suivi, aucune planification, aucun d\u00e9veloppement d\u2019image ou de marque artistique.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les jeunes artistes tchadiens portent des grands r\u00eaves, mais trop souvent, ils finissent par abandonner, apr\u00e8s un ou deux singles, faute de moyens et de reconnaissance. Certains sombrent dans la frustration, d\u2019autres s\u2019expatrient ou changent de voie. C\u2019est dans ce chaos, les musiques \u00e9trang\u00e8res envahissent nos ondes, nos soir\u00e9es et nos \u00e9crans.<br>Les sons venus du Nigeria, de la C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Cameroun, du Congo ou du Ghana dominent, pendant que les artistes tchadiens restent confin\u00e9s \u00e0 la marge.<br>La musique tchadienne meurt parce que personne ne l\u2019\u00e9coute plus. Elle meurt dans l\u2019indiff\u00e9rence, dans le d\u00e9sordre, dans le manque de respect de la profession.<\/p>\n\n\n\n<p>Focus Media<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La musique tchadienne, autrefois vibrante et charg\u00e9e d\u2019\u00e2me, s\u2019\u00e9teint lentement dans un silence aussi pesant qu\u2019inqui\u00e9tant. 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