octobre 12, 2026

Droits de l’Homme : la société civile veut une Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation au Tchad

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Société civile TCHAD

Une trentaine d’organisations de la société civile ont présenté, mardi 15 septembre 2026 à Moursal, à N’Djaména, un projet citoyen visant à mettre en place une Commission nationale Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CNVJRR). Les promoteurs souhaitent faire de ce mécanisme un instrument de reconnaissance des victimes, de guérison des traumatismes et de consolidation de la cohésion nationale.

Réunis autour du pasteur Jonathan Dionlar, concepteur stratégique du projet, de l’ancien président de la Commission nationale des droits de l’Homme, Mahamat Nour Ibedou, et de Me Gadnodji Prosper, les participants ont expliqué les fondements de cette initiative citoyenne.

Selon les initiateurs, la CNVJRR répond à une volonté de favoriser un processus national permettant de faire la lumière sur les violences et traumatismes du passé, de reconnaître les souffrances des victimes et de contribuer à la reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions.

Un projet adossé à plusieurs engagements nationaux

Les promoteurs de la CNVJRR s’appuient notamment sur l’Accord de Doha du 8 août 2022. Son article 2.2.18 inscrit parmi les questions à examiner la mise en place d’une commission « Vérité-Justice et Réconciliation » destinée à régler les différends du passé. Ils invoquent également la Résolution n°25 du Dialogue national inclusif et souverain, ainsi que le premier chantier des douze chantiers présidentiels, consacré à la paix et à la réconciliation.

Dans cette perspective, les organisations signataires demandent au président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, d’institutionnaliser le projet et de donner ainsi un cadre officiel à cette démarche citoyenne.

Vérité, justice et réparation au cœur de la démarche

Pour les organisations porteuses du projet, la future commission devrait s’articuler autour de plusieurs dimensions, notamment la recherche de la vérité, la justice, la guérison des traumatismes, la réparation, les réformes institutionnelles et la réconciliation. Les promoteurs estiment que cette démarche doit également permettre d’éviter la répétition des crises et de mieux prendre en compte les victimes et leurs familles.

Cette initiative intervient alors que la question de la réconciliation nationale demeure au centre de plusieurs réflexions au Tchad. En juin 2026, une stratégie nationale de réconciliation et de consolidation de la paix avait notamment été présentée par la Médiature de la République.

Un appel à une mobilisation plus large

La CNVJRR se veut par ailleurs ouverte aux organisations et acteurs engagés dans la lutte contre les traumatismes et les maux qui affectent la société tchadienne. Les initiateurs appellent ainsi les structures partageant cette vision à rejoindre la dynamique, sans restriction.

Au-delà de la présentation du projet, cette conférence de presse place désormais la balle dans le camp des autorités : le projet citoyen de Commission nationale Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation franchira-t-il l’étape de la mobilisation de la société civile pour devenir enfin un mécanisme institutionnel de réconciliation au Tchad ?

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