octobre 12, 2026

Baguirmi : un groupe de sages veut détrôner le Mbang Hadji Woli Mahamat Youssouf

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MBANG HADJI HOLI

La contestation monte d’un cran autour du sultanat du Baguirmi. Réunis le 12 septembre 2026 à N’Djamena, au sein de la Caisse du Grand Baguirmi, un groupe des filles et fils du Chari-Baguirmi ont annoncé leur décision de ne plus reconnaître Mbang Hadji Woli Mahamat Youssouf comme leur sultan et de lui retirer leur allégeance.

Dans une déclaration rendue publique à l’issue de leur rencontre, les membres du collectif affirment agir au nom d’une partie des ressortissants du Chari-Baguirmi vivant dans la capitale. Ils reprochent notamment au sultan ce qu’ils qualifient de « mauvais comportement envers ses concitoyens », sans toutefois détailler, dans la déclaration transmise, l’ensemble des faits précis à l’origine de cette rupture.

Derrière cette déclaration au ton particulièrement ferme se profile une question plus large : quelle place les populations entendent-elles désormais accorder à l’autorité traditionnelle dans la gestion des affaires communautaires ?

« Nous ne le reconnaissons plus », une phrase lancée par l’un des contestataires annonce une fois de plus leur ras-le-bol. Pour les signataires de la déclaration du 12 septembre, cette implication ne suffit toutefois plus à maintenir leur adhésion à l’autorité du sultan.

La décision de retirer leur allégeance est selon eux constitue avant tout une prise de position collective, dont la portée institutionnelle et coutumière reste à déterminer. Elle soulève notamment la question de savoir qui est habilité, selon les usages et les règles de la chefferie traditionnelle, à reconnaître ou à contester le titulaire du trône du Baguirmi.

La déclaration intervient également dans un contexte où des critiques à l’égard de la gestion et du rôle du sultan avaient déjà été exprimées publiquement par certains ressortissants du Chari-Baguirmi. Des publications antérieures rapportaient notamment des revendications concernant la gestion des revenus pétroliers et la représentation des populations de la province.

Pour l’heure, la déclaration du 12 septembre traduit donc la colère et la contestation d’un groupe de ressortissants du Chari-Baguirmi, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’établir une destitution juridiquement ou coutumièrement effective du sultan.

Reste à savoir si cette fronde restera une contestation portée par une partie des ressortissants du Grand Baguirmi ou si elle débouchera sur une crise plus profonde au sein de la chefferie traditionnelle.

Il faut noter que l’actuel Mbang du Baguirmi cumule plusieurs postes et titres notamment le Mbang, le Général trois étoiles, le Sénateur, le président de gestion de 5% de revenus pétrolier du Chari-Baguirmi…

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